Auteur Sujet: Sommes nous en démocratie ?  (Lu 846 fois)

Didier-66

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empathie69

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #1 le: 20/03/2015 12:55:35 »
Non, la démocratie est bafouée en permanence. Notre constitution indique l'état de peuple souverain et cette indication n'est absolument pas respectée. Seul le R.I.C. peut donner la parole au peuple.

Camille Desmoulins

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #2 le: 01/04/2015 13:15:35 »
Tout à fait d'accord avec empathie69. C'est d'ailleurs la raison d'être de notre association ;)

Le Noctu

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #3 le: 14/07/2015 21:44:04 »
Non, nous ne sommes pas en démocratie du point de vue étymologique. Ce qui s'en rapproche le plus c'est 1984, sans exagérer beaucoup. Au contraire tout y est: le langage appauvri, le concept de l'ennemi perpétuel, la dictature acceptée et revendiquée... La principale différence est à propos de Big Brother: dans notre réalité, nous donnons tout à cette entité énigmatique centralisée en même temps qu'elle nous épie.
La réponse est donc déjà dans le mot, comme chacun semble le savoir… Jamais le peuple n'a eu l'occasion de gouverner simplement.
Les acquis sociaux sont le résultat de luttes, non de débats pacifiques. Nous les perdons tous parce qu'on ne sait y prendre garde, parce que nous ne sommes pas "formés" aussi pour ça...

Une question supplémentaire se pose quand même autour de cette initiative RIC et de ce débat: puisque chacun "sait" le sens du (des) mot démocratie en grec, comment se fait-il que l'illusion démocratique fonctionne si bien? Que personne ne voit la dictature Orwellienne mâtinée du Meilleur des Mondes se poursuivre, tout en pondant des enfants livrés dès le berceau à l'omniprésence des distractions intéressées et non intéressantes, comme si l'ennui pour ne parler que de lui, n'était pas un moteur de la création ?  Comme si le doute n'était plus permis ? Et pas qu'en France ce manège, évidemment… Alors, c'est "comment qu'on freine" (Bashung), si on veut descendre de là ? En refondant la constitution ensemble, cela va sans dire, mais aussi, je pense, en motivant une idée similaire au coeur du processus scolaire... Mettre dès maintenant le paquet pour en débattre dans les écoles afin que les gosses puissent prendre conscience au plus tôt qu'ils sont véritablement l'avenir et que pour cela, ils peuvent, s'ils le souhaitent, inventer une démocratie adaptée à leur établissement et aux gens qui le compose et dont l'objectif serait de participer pleinement à toutes les décisions, à toutes les demandes, au budget. Que pensez vous ? N'est ce pas un objectif complémentaire et urgent ?

Xxxxxxx autour du propos xxxxxx

La plupart des gens me semblent accepter cette illusion pour deux raisons :

la première (déjà évoquée), est que les enfants n'expérimentent pas un réel contre pouvoir démocratique au sein de leurs établissement respectifs, n'étudient pas les "méthodes grecques anciennes" ou "tribales", les structures familiales et par conséquent ont une vision abstraite de cet objet conceptuel; l'école, au milieu d'une confusion sociale maintenant reconnue, répond aux gosses de manière… puérile, énervée et ne donne pas du tout envie de débattre avec des adultes qui en sont déjà incapables entre eux. Il s'ensuit que, adultes, accaparés par mille tracas et un appauvrissement général du langage et des idées débattues, ils n'ont pas l'exercice de leur capacité mentale de dire non et de proposer des alternatives au sein de débats constructifs. Les media enfoncent le clou sciemmment pour des objectifs qui convergent malheureusement avec les motivations des politiques actuelles. L'alimentation des enfants devient plus une drogue qu'un aliment, leurs cycles de jeu et de sommeil sont anéantis comme jamais auparavent... Je ne dis pas que les gosses sont définitivement lobotomisés, je dis que l'on a globalement à faire à forte partie qui vise spécialement les gosses.

Le RIC ou plus justement Article 3, tout en se concentrant sur son objectif principal, devrait peut être insister sur le fait de mettre par exemple le contrôle du règlement général et des conseils de discipline, de prof, etc, à leur sagacité et ainsi découvrir le pouvoir collectif réel. Certains ont même proposé d'avoir des députés enfants, d'âges variés… De multiples expériences prouvent qu'il vaut mieux épanouir qu'éduquer. Mais cela dépend du choix de savoir si l'on donne ou non le droit et le pouvoir à l'enfant de dire non et de savoir le motiver. Si on accepte le risque (très modéré par l'enseigenemnt qu'ils sont sencés avoir déjà connu et qui les a préparés). Ce qui est grave, c'est que dans les sociétés dominantes, ce pouvoir, ce droit, est refusé de manière hautement hypocrite et souvent inconsciente, que la parole de l'enfant est mise en doute, ses motivations tout simplement ignorées. Plus grands, ils risquent d'avoir baissé les bras et perdu la langue. Seul un chef peut alors les aider. Le dernier Papa de la nation fut, me semble t-il, De Gaulle... Tiens, n'avons nous pas à faire à sa constitution?

Tout ceci peut expliquer un peu pourquoi, depuis la création de ce site, quelques centaines de milliers de personnes motivées ne se sont pas inscrites… Il est vrai qu'il faut se farcir le jargon constitutionnel et surtout sentir que c'est effectivement un moyen, un RIC, pour changer les choses efficacement et en douceur. Bon. Certains attendent l'occasion de l'affrontement quand viendra le chaos pour agir. Le problème, c'est qu'ils improviseront. Les élites, elles, sont déjà plus ou moins organisées et leurs intérêts convergent toujours aux moments les plus critiques. Et il faut se mettre à leur place: nous leur donnons tout! on ne va pas en plus le leur reprocher! On est plus en 1789 et on peut sans doute se passer de les assassiner une fois qu'on aura repris les choses en main. Pensons à les tranquiliser sur ce point. Offrons des garanties. Mieux vaut en finir mais évitons qu'ils soient démangés d'appuyer sur le mauvais bouton. Perdus pour perdus... Louis n'avait pas ce pouvoir. Et on est pas non plus dans l'optique des USA actuels, à donner en spectacle ses assassinats moyenâgeux, comme cette pendaison -et le reste, digne des plus mauvais western.

De Malcom X à M.L. King, si les deux ont évidemment raison, je suis avec Elvis et Luther. Tout affrontement obscurcit et dans la fumée de nouvelles conspirations peuvent s'y entremêler. L'harmonie, qui permet la mise en résonnance, est la clef.

Ce site existe depuis moins de deux ans, si j'ai bien compris, et je suis tombé dessus en cherchant, une nouvelle fois, un site proposant un changement collectif de la constitution sur le principe collaboratif, car je ne suis pas capable de le faire seul et que, de toutes les personnes que je considère intelligentes et compétentes, aucune ne s'est montrée enthousiaste à l'idée qu'il était évident que c'est bien aux populations volontaires et concernées, de faire et de construire le cadre, les lois et la constitution de toute démocratie... Les gens ont tendance, il me semble, à penser uniquement en tant qu'adultes fantasmés et oublient que notre situation dépend de notre éducation, de notre instruction et que cela n'est pas génétique ni gravé dans le marbre des siècles. Je ne trouve pas les gens à qui j'ai posé cette problématique, suffisemment relatifs et utopistes, voire tout simplement réalistes, pour s'entendre dès le début sur ce point.  Et vous ? Avez vous plus de chance ?

Une sorte de fatalité nous cerne, qui refuse de dire son nom. La plupart des gens se trouvent assez bien informés dans les media et n'envisagent pas" une autre" démocratie. Il leur faut un chef. Parfois oui, c'est vrai. D'ailleurs les Présidents prétendent incarner le pays! Quel délire, n'est-ce pas? Mais si le Président s'évaporait soudainement, la France continuerait de vaquer à ses occupations. Je suis même allé jusqu'à demander à des élus « à partir de combien de personnes, en France, le peuple devient souverain car visiblement, trois ou quatre millions c'est toujours pas assez ». Seul un suisse me répondit que chez eux, la réponse la plus proche pour ma question est 100 000. Je pense aussi que certaines spiritualités religieuses ont martelé pendant des siècles que l'être humain est indigne de confiance, favorisant toutes les folies. Je fais court.
Maintenant que nous savons de l'Histoire que seule une proportion minoritaire fait avancer les choses, qu'il est très difficile d'évaluer la « masse critique » d'un peuple prenant le pouvoir tranquillement et qu'il faut s'organiser dans un cadre légal et non hypocrite, je me demande par quel moyen faire connaître plus amplement ce site -et les autres! (au delà des écoles) et de démontrer que c'est viable. (j'insiste sur tranquillement car une révolution pacifique est nécessairement plus réfléchie et équitable et cela sous entend soit qu'elle a beaucoup souffert tout en respectant l'humanité de chacun, y compris de l'ennemi et qu'un jour, les choses basculent irrémédiablement et avec le minimum d'échauffourées, soit qu'elle est très cultivée et que sa pensée collective est prompte à l'autocritique et à la négociation ou soit encore ce qu'il adviendra de bon). Qu'en pensez vous?

L'expérience de Stanley Milgram permet de répondre en partie et à la question de l'acceptation de l'illusion. Je vous invite tous à lire son livre "soumission à l'autorité", illustrée au bout d'une heure de visionnage environ, dans le film 'i comme icare", la séquence à l'université. Voir ensuite « le jeu de la mort », documentaire français qui passa sur Arte il me semble et que l'on visionne facilement sur le net, ayant pour objet la même expérience, mais en l'adaptant au milieu du jeu télévisé. Le bouquin est plus dur à trouver.

Bref, cela nous amène à :

la deuxième raison qui explique aussi en partie pourquoi l'illusion fonctionne si bien : parce que le système mis en place dès le début par des élites (même très bien intentionnées, pour certaines, envers les populations) a été modifié par d'autres élites de plus en plus élitistes et nécessairement de plus en plus corrompues ou sous une influence non souhaitée, transnationale, dont l'idéologie finale ne peut que s'obscurcir et déboucher sur une défiance totale vis à vis des populations, devant être conditionnées ou accaparées au nom de valeurs ou de morales arbitraires.

Les gens choisissent de croire à la belle histoire parce que, pensent-ils, si ils font ce qu'on leur dit, ils seront épargnés. Ainsi, ils conditionnent les enfants à croire au père noel et à subir désillusions après désenchantements. Ils n'ont pratiquement plus le temps de s'occuper d'eux, de les connaître et de les aimer pour ce qu'ils sont. L'indifférence prend le pas sur la compassion. On apprend pas à faire du feu à l'école, on ne comprend pas grand chose à l'énergie, à la diététique, à la biologie, aux lois mathématiques pourtant si étonnantes.
L'illusion fonctionne, parce que les seules autres entités capables d'avoir un sens critique décalé, nos gosses, sont livrés par leurs propres parents aux distractions permanentes, aux poisons alimentaires, aux incohérences inacceptables, aux loteries et à une exigence de compétitivité plus ou moins marquée. Dans ce cas, l'école s'en charge en dépit de toutes les logiques physiologiques et psychologiques de l'enfance, malgré les efforts désepérés des profs, qui n'ont pas eu beaucoup l'occasion de quitter l'école.... Tout ce petit monde tentant d'agir sur les symptômes avant que sur les causes. Et on ne peut accabler les parents. Milgram le prouve scientifiquement: dire non est très difficile en face d'un système qui garde l'illusion de la cohérence ou de la crédibilité. Mais il prouve en même temps que une minorité quasi exceptionnelle prend plaisir à torturer, à suivre des ordres contraires à sa morale personnelle.

Non seulement l'être humain a une forte propension à basculer dans « l'état agentique » du professeur Milgram, mais en plus il est naïf et fatalement optimiste ! Mais il n'est pas collectivement un monstre d’égoïsme et c'est pourquoi un RIC est une proposition sérieuse et valable. Ce qui nous manque est une chaine de tv renvoyant à nos travaux de façon régulière? Mais au fond, quand vient le moment, le bouche à oreille peut suffire... Peut être qu'un lieu nous fait défaut, un lieu physique, gratuit, confortable et de proximité, en plus de ce genre de sites préoccupés de l'intérêt commun...

L'humain, comme pas mal d'animaux, peut encaisser des bombardements et trouver encore le moyen de s'y organiser collectivement pour la survie… Quand une catastrophe humanitaire survient, il envoie des sommes colossales dépassant de loin ce qu'aucun Etat ne daigne apporter ou ne peut même apporter ! Le monde entier contre la guerre en Irak ! Le monde entier contre les injustices. Cela fait si peu de temps, à l'échelle humaine, que nous avons la capacité de le savoir. Les élites aussi découvrent cela. Le monde entier n'est pas un parti politique : qu'il ne le devienne jamais.

Franchement, si j'étais élu Président de cette République (ce qui est impossible, puisque cela sous entend d'être accepté au sein de clubs et réseaux variés dont je n'ai pas la moindre idée ; )  Je n'aurai que trois alternatives au regard de ma personnalité : démissionner rapidement avec éclat (en précisant véritablement les motifs), garder le poste en en profitant au maximum et en étant bien obéissant vis à vis de mes sponsors, ou enfin garder le poste en me disant « faisons ce qu'on peut, car mieux vaut que ce soit moi qu'un autre » ! Cette dernière option en a retourné plus d'un.

J'espère que vous ne voyez pas de digression inutile dans mes propos ou alors éclairez moi : l'enfance, le conditionnement social et l'illusion qui en ressort. Car quelque soit la forme de la société, on pourra toujours la taxer d'illusion humaine temporaire et en évolution permanente. En attendant, on se prépare déjà à quitter le berceau... qu'il ne soit pas vide de sens.

p.s:
Ah, une idée qui me tient depuis quelques années déjà: dans chaque village, une mairie et une connexion internet; ouverte 24/24 pour les volontaires soucieux de bosser sur ce chantier en chair et en os... Hôtel de Ville? Un ami polonais me demandait pourquoi il y avait inscrit ça sur certains de nos immeubles: personne n'y dort! Réveillons les Hôtels de ville, c'est notre droit citoyen le plus naturel pour s'excercer au collectif... ou bien?

YVAN BACHAUD

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #4 le: 17/08/2015 12:06:45 »
Ce qui se passe dans l'école est très important, car l’échec scolaire massif est la source de bien des maux.
Mais il y a bien d'autres sujets économiques et sociaux . chacun pourrait nous diviser.. Il faut donc rester à UNE revendication qui a la singularité de permettre d'obtenir toutes les autres si la majorité est d'accord, bien sûr...
Article3 se concentre sur un seul objectif souhaité par plus de 82 % des Français; il nous faut rentrer en contact avec eux par la pétition par exemple pour pouvoir nous appeler à manifester QUAND nous serons assez nombreux pour assurer la pérennité de ces manifestations. Il y urgence.. Il faut arracher le RIC AVANT  2017..! sinon ceux qui voteront seront une fois de plus bernés..!

Le Noctu

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #5 le: 04/09/2015 13:43:55 »
Tout à fait d'accord. imprimons, faisons signer et envoyons submerger les vraies boites aux lettres de l'élysée. tant pis si certains votent plusieurs fois! Il faut être visibles hors le net.

Camille Desmoulins

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #6 le: 12/09/2015 11:04:15 »
Bonjour Le Noctu,
Et merci d'avoir partagé avec nous ta réflexion sur la démocratie et en particulier l'éducation à la démocratie, qui est un enjeu central.
J'y suis d'autant plus sensible que je suis prof d'histoire-géo et d'éducation civique, (dans un collège) ce qui me place en première ligne !
Et ce n'est pas la réforme des collèges (rentrée 2016) qui apportera une réponse satisfaisante à ce problème. Mais le programme d'éducation civique change dès cette année (cela s'appelle maintenant "enseignement moral et civique").
Du coup, en cette rentrée, j'expérimente autre chose, j'y vais de ma propre réforme des collèges à la sauce perso ! Je te laisse découvrir ici le projet que je mets en place, et qui a eu un bon accueil de la part des collègues d'histoire-géo, de français et de SVT à qui j'en ai fait part : http://formation.citoyenne.free.fr/projet-cle.htm
Si les suites de cette expérience t'intéressent, je te tiendrai au courant ;)
Cordialement,
Patrice (alias "Camille Desmoulins")...

Didier-66

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Re : Sommes nous en démocratie ?
« Réponse #7 le: 15/10/2015 09:19:37 »
Patrice,
 le modèle suisse est un modèle sans doute à suivre tant au niveau démocratique qu'au niveau de l'enseignement.
Les mots faisant les idées - et inversement- en Suisse on éduque pas on instruit ( l'institution se nomme d'ailleurs l'instruction publique).
Le terme instruction est plus intéressant que l'éducation, l'éducation ayant un objectif restreint alors que l'instruction est un terme d'émancipation. Reste ensuite à accepter qu'on puisse avoir des opinions différentes pour instruire. En France la chose semble perdue pour beaucoup malheureusement.
Didier, fondateur d'Article3